Avant de reprendre le fil là où nous l'avions laissé au mois de juin, ce petit mot en forme de miroir inversé.

L'été fut souriant, dense, étonnant, chantant, doux, fatiguant, reposant, rieur et aventureux. Tout cela va venir, en résumé les filles continuent à nous combler de bonheur et la vie continue de nous fait grandir.

Elle nous a aussi fait très peur, du genre qu'on ne réalise pas dans l'instant, mais sur plusieurs jours, doucement. Comme un océan dont on ne verrait jamais les côtes : quand on y est, on y est d'abord perdu.

Cela s'est passé au début du mois d'août dans ces instants qui suivent le petit déjeuner. Maria était dans le salon, je prenais un bain, les filles jouaient dans leur chambre. La journée commencait tranquillement, je ne me rappelle plus ce que nous avions décidé de faire ce jour là lorsque nous avons entendu un bruit sourd suivi d'un silence. Je me rappelle avoir entendu Maria courir vers la chambre des filles d'où venait le bruit.

"Cyril, tu devrais venir voir".

Le haut placard de la chambre s'était fracassé en tombant lourdement sur le lit, le rompant net. Ariane était en dessous dans un espace creux entre deux étagères, Claire était assise sur le lit à 20 cm et regardait Maria avec un air étonné, surprise et à l'attente de notre réaction. Ariane était un peu secouée mais indemne, assise par terre sous le placard.

Aucune bosse, rien de cassé, pas même une larme. Gros câlins, gros soupirs, bisous et explications.

Ariane avait entrepris l'escalade du mont étagère avec comme objectif une chemise fleurie. Mais la montagne n'était pas chevillée dans le mur et à mi chemin s'était renversée sur elle en l'entrainant en arrière...
Premier "miracle" : Ariane est tombée sur ses fesses et a été recouverte par l'espace de deux étagères, comme dans une petite boite de 60 cm, retenue et protégée par un montant du lit de Claire.
Second "miracle" : Claire était assise sur le lit à coté de son doudou et de l'oreiller, du coté opposé. Le placard s'est écrasé là où elle aurait pu être assise si elle ne nous avait pas demandé de changer l'oreiller de coté deux jours avant.

Sur le moment, personne n'a mesuré ce que nous avons évité. Nous avons échangé quelques regards vides. Si nous n'avions pas ... si elles n'étaient pas ... Si le lit n'était pas ... Si les chevilles étaient là ...

Je ne suis pas fier de ne pas avoir fixé ce placard.

Je me dis que ce blog est quelque part le reflet d'un désir intime que je partage avec Maria, celui d'une famille unie et de profiter de tous les instants, bons ou mauvais. Je me dis que j'ai beaucoup de chance d'être là, d'aimer et d'être aimé, de le ressentir tous les jours depuis 6 ans.

Ce bonheur est fragile et peut basculer à tout instant.
Pouvoir être perdu le défini et nous pousse à le vivre pleinement. Alors carpe diem à tous les lecteurs et amis, mesurez ce que vous pourriez perdre et qui vous rend heureux aujourd'hui.

Au moins, fixez solidement au mur tous vos placards.